Histoires d’aviation : les liens étroits entre l’armée et les jets privés

Il existe de nombreux liens entre l’aviation privée et militaire, notamment pour l’orientation professionnelle des pilotes : beaucoup de militaires entament une nouvelle carrière une fois à la retraite, et si les compagnies aériennes en recrutent beaucoup, ils sont de plus en plus nombreux à être embauchés dans le secteur de l’aviation privée qui leur reconnaît de grandes qualités en tant que membre d’équipage.

Il faut dire que l’armée impose aux jeunes pilotes de s’engager pour une période de 6 à 10 ans après l’obtention de leur licence, ce qui leur assure un très bon niveau de compétence à la fin de leurs obligations militaires.

Avions militaires et jet d'affaires de Dassault

L’avionneur Dassault Aviation développe des avions militaires et des jets privés. Image : Dassault Aviation – A. Pecchi

Atterrissages délicats

La rigueur de l’entraînement militaire forge des pilotes talentueux et adaptables, prêts à relever les nombreux défis que l’aviation privée peut leur imposer, notamment des atterrissages compliqués sur des pistes courtes ou en montagne.

En effet, les pilotes de jets privés doivent être spécialement formés pour emprunter certains aéroports, notamment celui de Londres City, classé en catégorie C depuis son ouverture il y a 30 ans, du fait d’un angle de descente très marqué (5,5 degrés) et d’une piste relativement courte (1 508 mètres) ou l’aéroport de Saint-Barth, dont la piste ne mesure que 650 mètres.

Se rendre en avion sur cette petite île paradisiaque requiert donc tout le savoir-faire d’un pilote spécialement formé pour garantir la sécurité des passagers au décollage comme à l’atterrissage.

Aéroports militaires accessibles aux jets privés

Le niveau de sécurité optimal des bases aériennes est particulièrement apprécié des VIP souhaitant voyager en toute discrétion, ce qui explique en partie pourquoi beaucoup d’entre elles s’ouvrent peu à peu aux jets privés.

Ainsi, RAF Northolt, une base aérienne située à seulement 21 km du centre de Londres et non loin de l’aéroport d’Heathrow, est désormais considérée comme l’un des principaux aéroports d’affaires de la capitale britannique. Elle propose jusqu’à 30 créneaux par jour aux avions privés et sa piste est suffisamment longue pour accueillir tous types de jets.

Jets privés à l'aéroport RAF Northolt

L’aéroport RAF Northolt est un aéroport militaire tolérant les jets privés.

D’autres bases sont transformées en aéroports civils. Albacete, par exemple, située sur la côte est de l’Espagne a ainsi été convertie en 2003 après 70 années d’exploitation par l’armée de l’air. Sa piste de 2 700 mètres est aujourd’hui accessible à l’aviation privée.

Toujours en Espagne, au sud du pays, l’aéroport de Jerez accueille à la fois des avions de ligne et des jets privés sur une piste de 2 300 mètres. Plus d’un million de passagers l’ont empruntée en 2016.

Quant à l’aéroport international d’Honolulu à Hawaï, avec plus de 21 millions de passagers par an, c’est un des aéroports les plus fréquentés des États-Unis. Il abrite toujours une base militaire dont le trafic représente 15 à 20 % du nombre total de vols enregistrés chaque année.

Avions militaires convertis en jets privés

Certains appareils ont été conçus pour un usage militaire, avant d’être modifiés pour l’affrètement. Parmi eux, nous apprécions tout particulièrement :

Le bimoteur Piaggio Avanti qui peut accueillir entre 7 et 9 passagers. Surnommé la « Ferrari des airs » ou le « turboprop chic » pour son design attractif, il était à son lancement en 1986 destiné à l’armée de l’air italienne. Cependant, sa confortable cabine de 1,75 m de haut et sa capacité à se poser sur des pistes courtes ont eu tôt fait d’inspirer sa reconversion en avion d’affaires.

Coucher de soleil sur le Piaggio Avanti

Initialement conçu pour l’armée, le Piaggio Avanti est aujourd’hui surnommé le “turboprop chic”

L’indétrônable Beechcraft Super King Air est un autre bimoteur aux origines militaires : lancé en 1972 pour l’armée américaine, il sert aujourd’hui d’avion d’affaires et d’ambulance aérienne, capable d’assurer, confortablement et à moindre coût, des vols de 2 à 3 heures et de transporter, selon les configurations entre 8 et 10 passagers.

D’autres appareils ont à l’inverse été conçus en tant qu’avions d’affaires avant d’être modifiés pour un usage militaire. Ainsi, le Diamond DA42, un avion bimoteur de 3 à 4 places lancé en 2002 par l’avionneur autrichien Diamond Aircraft Industries, a été acheté par 10 différents pays (dont la Suisse, la Russie, l’Ukraine et la Grande-Bretagne) pour leurs forces armées intéressées par son rayon d’action (1 685 km) et sa capacité à emprunter des pistes courtes (620 m nécessaires à l’atterrissage et 740 m au décollage).

Pour réserver l’un de ces avions privés, contactez notre équipe de vol en ligne ou au +33 (0)1 70 70 77 87.