De la conception à la livraison : la naissance d’un jet

Le lancement d’un nouveau jet est un procédé compliqué, long et coûteux, mais aussi une aventure passionnante et enrichissante.

Chez PrivateFly, nous attendons avec impatience les annonces des constructeurs. Que ce soit la présentation des futurs G500 et G600, le premier vol du Falcon 8X, la certification du Citation Latitude ou les premières livraisons du « jet de tous les records » (le G650ER), chaque étape du développement d’un nouvel appareil nous rapproche du moment où nous pourrons le proposer à notre clientèle.

Quelles sont les principales phases de développement d’un nouvel avion? Qu’est-ce que la certification ? Quand l’acheteur doit-il régler sa facture ? Combien de temps faut-il pour passer du rêve à la réalité ?

Pour répondre à ces questions et bien d’autres encore, nous vous proposons le résumé suivant des grandes étapes, du concept à la commercialisation d’un jet privé :

ÉTAPE 1 : LE CONCEPT

Une fois l’idée d’un nouveau jet lancée, l’avionneur commence par rencontrer les équipes de l’autorité de l’aviation civile du pays dans lequel il compte commencer à commercialiser son futur avion. Dans la pratique, le lancement est presque toujours effectué aux États-Unis, c’est donc la Federal Aviation Authority (FAA) qui est consultée. Ces échanges se font principalement par courrier, mais aussi « en face à face ».

Par cette démarche, le constructeur veut donner une idée générale de son projet afin de recueillir les premières réactions du régulateur, savoir quand et comment effectuer sa demande de certification et commencer à planifier cette étape essentielle du développement de tout nouvel avion et le point de départ de sa commercialisation.

Bien entendu, les avionneurs expérimentés sont parfaitement au fait de cette procédure et ne présentent que des projets déjà bien aboutis, mais ils ne sont pas les seuls à lancer des idées : de petites entreprises et des inventeurs franchissent aussi le pas, même si beaucoup de leurs projets ne verront jamais le jour.

ÉTAPE 2 : DESIGN ET ANNONCE DU PROGRAMME

Vient ensuite la phase de conception qui englobe l’élaboration d’un prototype et l’annonce publique du futur lancement.

Les constructeurs ne procèdent pas tous de la même manière, mais ils tentent en général de garder le secret le plus longtemps possible afin de se préserver de la concurrence. Le design étant pour beaucoup source d’avantage concurrentiel, ils ne sont pas prêts à partager leurs secrets de fabrication !

Un constructeur peut aussi faire une demande de certification provisoire pendant la phase de conception comme l’a fait Gulfstream pour prouver la viabilité de son futur modèle GV, mais aussi Eclipse et Cessna pour certains de leurs avions.

Une fois le design arrêté, le projet est officiellement annoncé, en général par une impressionnante conférence de presse. Le moment choisi pour cette annonce n’est pas toujours le même. Certains avionneurs communiquent dès le début du projet, alors que d’autres (les principaux acteurs du marché) attendent de pouvoir dévoiler un prototype abouti et d’avoir réalisé plusieurs enquêtes auprès de leurs clients en vue d’évaluer son potentiel commercial.

Dans tous les cas, les annonces sont effectuées lors de grands évènements internationaux tels que les salons NBAA ou EBACE, pour en maximiser l’impact dans l’espoir de prendre une longueur d’avance sur la concurrence.

ÉTAPE 3 : DEMANDE DE CERTIFICATION

Il s’agit ensuite de demander la précieuse certification, autrement dit l’autorisation de démarrer la production. Pour l’obtenir, les avionneurs seront tenus d’accomplir de nombreuses formalités sur une période variant de 3 à 5 ans selon le type d’avion. C’est donc un véritable compte à rebours qui commence.

La plupart disposent d’une équipe expérimentée chargée d’accomplir l’ensemble des démarches, mais certains préfèrent solliciter les services d’experts indépendants. Dans les deux cas, l’équipe responsable de la certification aura la lourde responsabilité de décrocher ce précieux sésame, indispensable à la commercialisation du futur jet, et se chargera également d’obtenir les certificats de production et de navigabilité.

Les éléments à anticiper incluent la future utilisation de l’appareil, la formation des pilotes et les programmes de maintenance. Dans bien des cas, des simulateurs de vol sont mis au point en amont pour faciliter le travail des ingénieurs et affiner l’outil qui permettra d’entraîner les futurs pilotes.

ÉTAPE 4 : LA CERTIFICATION

Une fois la demande de certification déposée, le gros du développement commence. C’est un processus long et minutieux qui demande une communication régulière entre l’avionneur et les autorités de l’aviation civile qui lui délivreront l’autorisation de produire son appareil.

Cette démarche requiert de nombreux tests et des évaluations fréquentes de tous les systèmes : combustion, fuselage, avionique, etc. L’équipe en charge du projet définit en général un calendrier détaillant chaque étape pour n’oublier aucun élément avant de passer de l’une à l’autre.

Inévitablement, certains problèmes se poseront et nécessiteront de modifier le design ou de revoir certains points. Même les avant-projets les plus aboutis ne sont pas à l’abri d’être modifiés au cours de la phase de certification.

Une fois que l’autorité de l’aviation civile a donné son feu vert, l’avionneur peut produire un prototype qui sera utilisé pour des essais en vol. Cette phase de test peut prendre un an, voire plus, pour répondre à l’ensemble des normes applicables au secteur aéronautique et aux critères d’attribution d’une qualification de type précisément définie.

ÉTAPE 5 : PRODUCTION ET LIVRAISON

L’obtention de la certification est une étape importante qui fait toujours grand bruit dans l’industrie. Elle signale l’arrivée prochaine du futur avion sur le marché, mais impose à l’avionneur d’apporter la preuve de sa capacité à le produire à plus grande échelle.

Pour éviter de perdre du temps, la plupart des avionneurs effectuent donc en même temps toutes les démarches nécessaires pour obtenir un certificat de production.

La fabrication elle-même est une autre phase extrêmement complexe du projet. De très nombreux sous-traitants sont impliqués et il faut mettre en place un système de contrôle qualité afin d’anticiper les problèmes et les résoudre rapidement. Une fois ces processus en place, reste à répondre aux attentes et aux demandes particulières des clients.

ÉTAPE 6 : ACHAT D’UN JET PRIVÉ

Les acheteurs de jets privés passent d’abord commande puis attendent d’être livrés. Ce délai varie selon les avions et nécessite parfois de patienter de longs mois sur une liste d’attente.

À ce titre, le G650, jet le plus rapide du marché, fait figure de record, puisqu’il faut actuellement compter trois ans entre la commande et la livraison ! Face à cette situation, certains acheteurs sur liste d’attente choisissent de revendre leur place (à profit) plutôt que de prendre livraison de leur jet : une pratique qui n’avait plus été observée depuis le début de la crise économique et un bon indicateur de l’attractivité du G650.

Combien coûte l’achat d’un jet privé ?

ÉTAPE 7 : ESSAYER AVANT D’ACHETER ?

La rentabilité d’un achat de jet varie selon les appareils, mais il faut en général effectuer plus de 500 heures de vol par an pour justifier une telle dépense. Les alternatives, telles que la propriété fractionnée ou l’affrètement, permettent toutefois de bénéficier des avantages de l’aviation privée à moindres frais.

Pour ceux qui finissent tout de même par acheter leur propre avion, tout commence souvent par un vol nolisé (lorsque l’appareil est déjà certifié) pour « l’essayer avant de l’acheter » : une demande qui représente d’ailleurs une part non négligeable de notre activité. Des clients ont ainsi pu réserver par l’intermédiaire du réseau PrivateFly le Challenger 350 seulement trois mois après sa certification en septembre 2014.

Pour obtenir un le prix de location d’un jet privé ou pour des conseils personalisés sur le type d’appareil le plus adapté à votre voyage, écrivez-nous ou contactez l’équipe de PrivateFly au +33 (0)1 70 70 77 87.

Publié: 23rd March 2015 par Alexandre Perfetti

Retour à Archive for March 2015